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L'abbaye de Maizières : 900 ans d'histoire

 

 

L'abbaye de Maizières a été fondée en 1125 et elle jouera un rôle spirituel et économique important dans la région de Beaune et Chalon pendant près de sept siècles (666 ans, 1125 à 1791).

 

Elle est la fille de l’abbaye de La Ferté (1113), elle-même première fille de l’abbaye de Cîteaux (1098) fondatrice de l’ordre cistercien. Basé sur les vertus de pauvreté, de solitude et de travail, le mouvement cistercien connut un essor exceptionnel sous l’impulsion de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) tout au long du moyen âge avec plusieurs centaines de monastères dans toute l’Europe.

 

De nombreux seigneurs séduits par ce renouveau spirituel et ces valeurs offrirent aux moines une partie de leur terre pour fonder de nouveaux monastères, pensant ainsi racheter le salut de leur âme. C'est cette certitude qui poussa le seigneur Foulques de Réon à implorer Barthélémy, abbé de La Ferté, pour fonder sur ses terres une abbaye cistercienne en l'honneur de Dieu, sainte Marie, et de tous les saints.

 

Barthélémy, d'abord réticent, accéda finalement la donation en 1125 permettant de fonder cette nouvelle abbaye sur des terres appelée « Scotéria » aujourd’hui «Gouttières » à Saint-Loup-Géanges. Ce premier site de l'abbaye fut quelques années plus tard déplacé non loin de là et les moines construisirent le monastère définitif sur les ruines d’une ancienne masure romaine « Maceria » qui devient Maizières.

 

La construction du monastère s'effectuera alors petit à petit sur un siècle et la consécration de l'église abbatiale en 1236 clôtura sans doute la construction du monastère. L'abbaye vécut ensuite ce que l'on appelle « l'âge d'or cistercien ».

 

Nombreux furent les seigneurs puissants, les religieux et les simples particuliers qui, suivant l'exemple de Foulques de Réon, firent toutes sortes de dons à l'abbaye « pour le repos de leur âme » participant ainsi à l'expansion du monastère qui se retrouva rapidement à la tête d'un domaine important.

 

Grâce au travail inlassable des moines et à des chantiers souvent titanesques, l’abbaye contribua à façonner le paysage rural (plantation des vignes, creusement d’étangs et de canaux, défrichement de forêts, culture des terres…).

 

 

Cette période faste fut interrompue par la Guerre de Cent Ans (1338-1463) pendant laquelle elle fût deux fois occupée par le passage des troupes militaires.

 

En 1438, le Roi Charles Vll promulgua la pragmatique sanction et institua ainsi la commende qui assujettissait les monastères à une organisation administrative régie par une personne laïque extérieure à la communauté : l'abbé commendataire choisi par le Roi lui-même.

 

Les abbayes devenaient des biens de famille que l'on se transmettait et une partie importante des revenus étaient attribués à l'abbé commendataire Le profit supplantant la finalité primitive des abbayes, il s'effectua un relâchement de la règle entrainant une diminution du nombre des moines qui étaient dans l'impossibilité d'entretenir leur monastère et les propriétés.

 

Cette décadence fut accentuée encore par les guerres de religion qui secouèrent la France à la fin du XVIIe siècle. Maizières subi alors à plusieurs reprises de très importants dégâts (1560, 1569, 1576, 1580 et enfin de 1590). Il ressort des procès-verbaux de l'abbaye, que celle-ci et ses dépendances furent dévastées et ruinées et tous les biens pillés et brûlés. Le désastre fut si important que les moines ne purent faire reconstruire que la moitié de l'abbaye.

 

Avec des vicissitudes d’une telle intensité, certains moines décidèrent de réagir et instituèrent en 1622 la " Stricte observance " à laquelle Maizières adhéra en 1660. Ce retour aux valeurs originelles fut salutaire pour l'abbaye. A force de persévérance et de courage, les moines réussirent à réhabiliter et reconstruire leur patrimoine et leurs dépendances.

 

Malgré la tempête du siècle en 1702 qui ravage les forêts, et le long épisode froid de 1708 à 1711 qui ruine toutes les récoltes, l’abbaye poursuit son redressement et en 1717 elle était l’une des plus belles abbayes du mouvement cistercien.

 

Elle possédait un ensemble de biens considérables acquis et développé au fil des siècles (Une dizaine de métairies importantes, six moulins, des immeubles à Beaune, une forge, une tuilerie, une verrerie, six étangs, de nombreuses terres et prés, des bois et forêts, des vignes sur des terroirs de renom comme Volnay, Pommard, Meursault, Puligny Montrachet, Blagny...).

 

Cet essor et ce renouveau furent hélas anéantis par le terrible incendie de 1733 qui détruisit une partie importante du monastère et qui entraina l’abbaye dans une période de très grande difficulté jusqu’à la révolution française de 1789. L’assemblée constituante accapara comme biens nationaux l’ensemble des biens de l’abbaye et les vendit à de multiples propriétaires le 7 avril 1791.

 

Le premier acquéreur de l'abbaye fit procéder à la destruction de l'église abbatiale et des deux ailes du monastère pour éviter à jamais le retour des moines. L'abbaye devint alors une carrière et bon nombre de maisons édifiées aux alentours en 1820 recèlent des pierres en provenance de cet édifice.

 

Au fil du 19ème et 20ème siècle plusieurs propriétaires successifs ont entretenu les composantes résiduelles au sein de l'enceinte initiale : palais abbatial, l'aile du monastère devenu le "château", le moulin, les dépendances, le parc...

 

De 2010 à 2018, François Pélissier entrepreneur lorrain et sa famille fait progressivement l’acquisition de plusieurs composantes dispersées sur le territoire de l’abbaye de Maizières : la forêt de Gergy, l’étang de Maizières, le Manoir des 40 arpents, la Ferme des Gouttières.

 

En 2018, l’abbaye de Maizières qui regroupait dans son enceinte de 12 Ha, le Château, le Palais Abbatial et les Dépendances appartenant à trois propriétaires différents, fait l’objet d’une acquisition globale.

 

L’ensemble du Domaine de l’Abbaye de Maizières est ainsi enfin reconstitué et permet de donner une nouvelle vie à ce patrimoine exceptionnel unique et un souffle nouveau à cette histoire hors du commun.

 

 

Les vignes de l’Abbaye de Maizières